Noms de Familles et Noms de Lieux

Noms de Familles et Noms de Lieux

Éloi - Aloy

 

ÉLOI - ALOY

 

 

DSC01454.jpgPeinture murale  vers 1460, scène de la vie de saint ÉLOI , cathédrale de Rodez (Photo ©Martine Astor) 

 

 

 

 

Saint Eloi

 

Ce saint s’est distingué de multiples façons.

Il s’est signalé par l’exaltation des qualités humaines : singulièrement par l’honnêteté au service de l’habileté et de la créativité. Sa formation auprès d’Abbon à Limoges et de Bobbon à Paris, l’engagea à travailler avec précision et délicatesse les matières précieuses.

Son talent lui valut d’être le créateur de nombreuses œuvres d’art : les châsses de saint Germain et  saint Martin sont son œuvre. Il consacra également son talent aux tombes de sainte Geneviève et de saint Denis. Remarqué par le roi mérovingien Clotaire II, il l’engage comme orfèvre du roi, fonctionnaire de la trésorerie royale et conseiller.

L’histoire du trône de Clotaire illustre la scrupuleuse conscience professionnelle dont il fit preuve à la suite d’une commande royale. Le roi ayant donné à son second maître l’or et l’argent pour confectionner un trône, plutôt que de garder pour soi la matière restante, il s’en servit pour en faire un second. Pas de perte de matière due à la lime ou à la fusion.

 

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En outre, un miracle lui enseigna l’humilité. Forgeron, il avait pour enseigne « Eloi. Maître sur maître. Maître sur tous ». Un ouvrier forgeron se présente à lui et façonne un fer meilleur que celui d’Eloi. De plus, il coupe une patte du cheval, pose le fer et remet la patte en place. 

Eloi, furieux de se voir ainsi humilié, coupa une autre patte au malheureux animal qui, sur le flanc, perdait son sang. Sans le secours de Jésus (car c’était bien lui l’aide-forgeron) qui lui restitua son membre, le cheval serait mort. Eloi reconnut la supériorité de Jésus.

Serviteur du royaume,  il fut l’homme de confiance du roi Dagobert, fils et successeur de Clotaire II. A ce titre, il reçut la soumission du roi breton Judicaël.

On connaît la comptine : Le bon roi Dagonbert / Avait sa culotte à l’envers / Le grand saint Eloi lui dit / O mon roi, votre majesté / Est mal culottée / C’est vrai lui dit le roi / Je vais la remettre à l’endroit.

Homme de cœur, il racheta des esclaves vendus dans le port de Marseille, alors qu’il était chargé des monnaies dans cette ville, à la fin du règne de Clotaire II.

Serviteur de l’Eglise, il fonda des monastères : à Solignac, dans son Limousin natal ; à Paris, dans l’île de la Cité, il fonda Saint-Martial, un monastère féminin.

A la mort de Dagobert, il démissionna de ses fonctions civiles pour embrasser la prêtrise et devenir évêque.

Devenu évêque de Noyon et de Tournai, à la tête d’un diocèse aujourd'hui franco-belge, il est allé jusqu’en Frise convertir au christianisme, la Flandre et les Pays-Bas où, jusqu’au VIIe  siècle, la religion celtique était particulièrement suivie1.

Dans la cathédrale de Rodez, la troisième travée du chœur (mur sud) renferme une peinture murale datée des environs de 1460, racontant en 12 scènes la vie de saint Eloi légendées en occitan. On y voit perpétuée la tradition erronée de la fabrication de deux selles commandées par Clotaire II avec le métal donné pour une seule. Elle a son origine dans une interprétation du latin sella « siège, chaise» (d’où « trône ») au sens de « selle » (pièce de harnachement) déjà courant au XIIesiècle. Ce sens de « chaise » est maintenu dans l’expression « aller à la selle » = « aller à la chaise percée » qui faisait partie du mobilier usuel des maisons aisées du Moyen Age.

 

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 Peinture murale  vers 1460, scène de la vie de saint ÉLOI , cathédrale de Rodez (Photo ©Martine Astor) 

 

 

 

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Peinture murale  vers 1460, scène de la vie de saint ÉLOI , cathédrale de Rodez (Photo ©Martine Astor) 

 

 

 

 

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Peinture murale  vers 1460, scène de la vie de saint ÉLOI , cathédrale de Rodez (Photo ©Martine Astor) 

 

 

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 Peinture murale  vers 1460, scène de la vie de saint ÉLOI , cathédrale de Rodez (Photo ©Martine Astor) 

 

Saint-Eloi en toponymie 

 

En tant que nom d’église célébrant la mémoire de saint Eloi, SAINT-ELOI est devenu nom de paroisse et, de cette façon, nom de commune. 

Saint-Eloi est le nom de trois communes, dans la Creuse, l’Ain et la Nièvre.

En tenant compte de ces 3 noms de localités, Saint-Eloi est le nom de 55 noms de lieux-dits, fermes et hameaux dans toute la France (avec une particulière fréquence dans le Var).

A Montpellier, avant d’être l’hôpital Saint-Eloi que l’on connaît, Saint-Eloi fut le vocable d’un hôpital du Moyen Age situé hors les murs, dont le but était le secours apporté aux pèlerins et voyageurs : « Aussi ancien que la ville, l’Hôtel-Dieu, d’abord sous le vocable de Notre-Dame, puis sous celui de Saint-Eloi, servait, comme les autres hôpitaux entourant la cité, à héberger les pèmerins passant par ce nœud de routes qu’était alors Montpellier2. »

Dans le Midi de la France, ces noms de lieux sont appelés Sant Aloi (prononcé « Sant Aloï »), comme on dit per Sant Alòi « pour la Saint-Eloi (le 1er décembre) » ou faire Sant Alòi « fêter la Saint-Eloi ». Le Trésor du Félibrige se fait l’écho de la tradition de la charrette de saint Eloi (lacarreta de Sant Alòi) chargée de verdure attelée d’un cheval richement harnachée promenée dans les rues de la contrée.

 

Le nom de famille Aloy

 

Issu du prénom devenu nom de famille, ALOY est donc méridional et forme occitane de Eloi / Eloy français. A ce titre, il doit ou devrait être prononcé avec la diphtongue « oy », comme pour boy anglais.

On y voit le é initial étymologique de Eligius latin chrétien (« élu »… de Dieu) et Eloi s’ouvrir en a, comme pour Emile donnant Amielou le féminin Eléonor donnant Aliénor.

Il est peu répandu : 167 naissances au siècle dernier (1891-1990) sur le plan national.

Il est représenté dans la Gironde (22 naissances), le Lot-et-Garonne (12), la Haute-Garonne (10), l’Aude (7), l’Hérault (7), les Bouches-du-Rhône (7) et les Pyrénées-Orientales (5).

Dans l’ensemble, ces naissances ont eu lieu dans des foyers où, par département sinon à cheval sur plusieurs départements, les pères sont membres d’une même famille ou représentent plusieurs branches d’une même famille.  

En fait, le nom de famille ELOI des pays d'Oïln’est pas très répandu : 1285 naissances (Aisne, Nord, Paris, mais aussi Gironde). La forme ELOY y est beaucoup plus connue : 3686 naissances (Somme, Oise, Nord, Pas-de-Calis, Seine-Maritime).

 

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1. Biblioweb : François-Loseph Parenty, Vie de saint Eloi, évêque de Noyon et de Tournai, Lille, J. Lefort, 1870.

2. « Hôtel-Dieu Saint-Eloi de Montpellier : Dr Louis Dulieu, Essai historique sur l’Hôpital Saint-Eloi de Montpellier », Revue d’Histoire de la Pharmacie, année 1950, 128, p. 113-5. Transporté intra muros, rue de l’Ancienne-Aiguillerie, à la suite des Guerres de Religion, il ne fut réservé qu’aux malades. Il migra ensuite, pour s’agrandir, dans les murs de l’Ecole-Mage dans la rue de l’Université (ancien nom : rue de la Blanquerie). Après 1890, 3 siècles après, avec l’avenir qu’on lui a connu, l’hôpital redevint suburbain en s’installant dans la banlieue nord-ouest de la ville. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



26/06/2021
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