Noms de Familles et Noms de Lieux

Noms de Familles et Noms de Lieux

LA BANLEVA

La Banleva

 

Rue de la Banleva

 

Selon toute apparence, il s’agit d’un odonyme (nom de rue) datant des seigneurs de Peyreleau.

On y peut lire ban levat, ban levé.

« Lever le ban et l’arrière-ban », c’est à l'origine proclamer le rassemblement des chefs de la communauté urbaine d’une cité.

C’est par la suite que l’expression a pris le sens de rassemblement militaire pour défendre un lieu ou l’attaquer.

A ce titre, le ban levat (devenu ban levaau cours des temps) pourrait désigner la rue où se rassemblaient les chefs de familles des 96 feux de la paroisse du château de Peyreleau  (Parochia de castri PetraLevi,1349, Livre de l'Epervier, p. 189).

Le féminin est sans doute issu par ellipse de la carrièra ban levatdevenue la ban levat > la ban leva.

 

 

Le ban

 

A l'origine, le terme ban relève du système féodal.

Il est issu du germanique *bannan « commander ou interdire sous menace de peine ».

Au VIe siècle, le latin médiéval bannus désigne une amende pour contravention aux lois des pouvoirs seigneuriaux.

Ensuite, le ban devint une proclamation de rassemblement et, par la suite, une déclaration de levée de troupes (XIIe siècle). 

Le sens de publication des bans de mariage qui nous est demeuré, est connu un peu plus tard (XIIIe siècle).

Par métonymie, le terme a désigné, à époque féodale, le territoire sur lequel s’étend la juridiction d’un seigneur.

L’usage par lequel le seigneur du lieu astreint les habitants du lieu à n’aller moudre leur grain qu’au moulin du ressort du ban ; de même que cuire son pain au four du ban, a donné lieu à l’épithète banal dévié par l’idée de commun à tous, au seul sens de « commun, quelconque ».

Et bannir a eu, au Moyen Age, 4 sens dont un seul a survécu :

- Annoncer, proclamer à son de trompe.

- Convoquer le ban, rassembler.

- Rendre public un ordre.

- Condamner à l’exil.

Seul ce dernier sens nous est demeuré. Il signifie littéralement « exclure du ban de la cité ». D’où notre « bannir » et « bannissement ».

 

 

La banlieue, La Lieue

 

Etymologiquement, « banlieue » est un composé de « ban » et de « lieue », pour désigner, au début du XIIIesiècle, le rayon d’une lieue terrestre (environ 6 km pour le Midi de la France) autour d’une cité.

Le ban seigneurial (l’autorité seigneuriale) centré sur la cité s’étend dans les limites de ce rayon.

Il est issu du latin médiéval bannileuca, banleuca, banleugium donné par Du Cange dans son Glossaire.

L’idée d’ensembles urbains entourant une ville est directement issue du sens médiéval.

Cette notion de banlieue est exprimée en pays d'Oïl par certains toponymes La Banlieue, mais aussi et surtout par La Lieue. Notons particulièrement, en pays d'Oc, La Lieue, 7 km à l’est de Brignoles, dans le Var.

 

 

La Demi-Lieue, Miège-Sole

 

La Toponymie de l’Héraultde Frank Hamlin relève le lieu-dit Croix de la Demi-Lieue, dans la commune de Saint-Thibéry.

L’auteur constate que ce toponyme s’explique par son emplacement sur La Voie Domitienne à 3 km à l’ouest de Saint-Thibéry, distance égale à la moitié d’une lieue méridionale.

Peu courant sur la carte IGN au 25 000edans la zone occitane, le toponyme La Demi-Lieue est relativement fort représenté en pays d'Oïl. A commencer par La Croix de la Demi-Lieue de la commune de Bourbonne-les-Bains dans la Haute-Marne, et en poursuivant avec les Demi-Lieue de la Mayenne, de l’Aisne, de la Somme, de la Marne, du Nord, des Vosges, des Yvelines, du Val-d’Oise, de la Seine-Maritime, de la Saône-et-Loire et de la Loire.

Ces moitiés de lieue1représentaient sans nul doute une limite intermédiaire (marquée par deux fois d’une croix) où l’on pouvait par exemple, recevoir, en cas de conflit, les représentants des juridictions adverses.

L’Aveyron a, sous le même aspect, le toponyme MIÈGESOLE pour lequel on connaît un lieu-dit de la commune de Rignac, se situant non loin des confins des communes de Rignac, Prévinquières et Compolibat. On connaît également le ruisseau de MIÈGE-SOLE dont le cours supérieur est suivi par la limite entre les communes d’Arvieu et d’Alrance. La sòlaen question désigne un pré de fond de vallée, et le sens général donné par mièja-sòlaest celui de « limite au milieu d’un pré ». L’histoire de Millau au Moyen Age conserve le souvenir de la Cort de Miejasolas, à la limite du domaine royal de Millau et des terres du vicomte de Creissels, où un banc, sur lequel siégeaient les juges de Creissels à l’ombre d’un noyer, fut l’objet d’un litige en 1443 pour empiètement sur le domaine de Millau.

 

 

1. Les lieues terrestres des pays d'Oïl étaient plus courtes que les lieues méridionales : autour de 4 km (tantôt plus, tantôt bien moins).  

 

 

 

 

 

 

DSC05938.jpg

 (Vue du château de Peyrelade, photo Martine Astor)



24/08/2020
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